birth photographer

Les quatre saisons

L'histoire de naissance d'Adrien. Le mouvement lent qui laisse place à l'intensité.

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Maman A. avec ses hommes, un après-midi d'octobre avec la première neige…

Cette journée-là, j'ai rencontré une âme qui m'impressionnera toujours. Elle est un arbre fort avec des racines à elles. Elles se sont promenées ces racines, jusqu'au bout de la terre, pour rencontrer celui qui partage maintenant son quotidien. De l'Australie à Montréal. Des étoiles jusqu'au sol. Ce chemin parcouru la rend tellement solide que peu de mots suffisent pour la comprendre. Inébranlable et douce comme la laine de son foulard rouge. Papa H. n'a qu'à froncer son sourcil pour la faire craquer. Facile comme ça; tout simple et beau. 

Ils voulaient des photos. Elle y tenait fort à ce projet et ses mots me transperçaient de fierté sachant toute l'importance accordée à mon travail. J'avais un feeling important et je me répétais que cette séance allait être une des plus belles. Ça m'a fait beaucoup réfléchir les jours avant la naissance d'Adrien que, celle à qui on accorde de l'importance, ne fait que se remplir le coeur. J'y suis donc allée avec tout mon coeur cette journée-là. 

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Notons que cette journée-là s'est fait attendre longtemps. Les heures passaient et Maman n'avait aucun signe de travail. Je sentais son découragement jusque chez moi. Elle souhaitait que ça arrive naturellement et une date d'hôpital commençait à se pointer à l'horizon. Le genre de scénario qui devait lui faire froncer les deux sourcils. Ma première joke d'accouchement arrive quand je lui lance "hang in there". Et elle de me répondre "non, je dirais plus que je dois lâcher prise!". Merci Maman A. de ne pas avoir pris ça au sérieux. 


I'm glad she gets me. 

La date est maintenant loin derrière nous. Nous sommes un samedi midi et je suis à l'aréna pour une compétition de patin à ma filleule. Je reçois son premier texto qui me dit qu'elle a enfin des contractions. Je suis si  heureuse pour elle! Mon coeur est là et mes yeux aussi, prêts à aller la rejoindre. Mais des fois le coeur se cogne à la réalité! Je suis loin sur la rive-sud et je devais me rendre à Trois-Rivières cet après-midi là. J'ai mes deux garçons avec moi et mon mari est déjà sur la route. Mon cerveau tourne vite pour trouver une solution. J'ai des papillons dans le ventre quand je demande à mon mari de rebrousser chemin  (il était rendu à Louiseville) pour venir chercher mes garçons que je vais déposer chez mon amie à Repentigny. Un tour de force. Un plan de "Gaetan". Une idée choisie dans un tourbillon de stress. J'ai le feeling que ça ira vite. 

Je rencontre Jannick qui confirme mon feeling. "Je sens que ce sera rapide". Ils arrivent enfin et je retrouve l'arbre et ses racines. Elle est centrée et prête. Elle est magnifique et lui aussi. Rien ne semble les troubler. Facile comme ça, tout simple et beau. Son travail dans le bain est lumineux et son amoureux est présent pour tout. 

Le mouvement lent d'Adrien a laissé place à une intensité incroyable. Rapidement et sûrement, il a fait son arrivée à la tombée de la nuit. Une douce neige tombait sur Montréal. De l'Australie à Montréal, Papa a alors senti toute l'émotion de l'arbre qui grandissait. 

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Adrien est né sur les Quatre saisons de Vivaldi.

Et moi je chantonnais les Cranberries.

“Et il n'y a pas que le résultat final des photos qui m'a touché dans le travail avec toi. Je pense être très sensible à ce qu'une personne dégage, surtout quand je suis enceinte et en train d'accoucher(!), et ton énergie que tu portes a une qualité si rassurante, ta présence en devient apaisante et pleine de complicité, de compassion. Je n'avais pas l'impression d'avoir invité une photographe à la naissance de mon bébé, mais bien une amie. Je suis certaine que cette sensibilité chez toi contribue grandement à la beauté des moments que tu captes en photo” - Maman A.

Merci avec le coeur rempli. Ce doit être parce que j'alloue une importance forte aux arbres que ces mots sont parvenus jusqu'à moi. Même si les saisons passent, je penserai souvent à toi.

Désolée Facebook, c'est pas moi... c'est toi.

Sorry Facebook, it's not me... it's you.

I've been thinking about this a lot lately and i finally took my decision. I will cancel my facebook business account for Naître photographie. I'm not doing this on a "coup de tête". 

J'ai analysé, j'ai tourné tout ça de bord, je me suis donnée des outils, j'ai lu et je le l'ai même enseigné! (ouais je suis prof au Cégep et j'enseigne les réseaux sociaux comme outil promotionnel dans le domaine du loisir, entre autre). -salut à toi si je t'ai enseigné!

I will quote myself on a recent photographer's student group: "When you know how high is the hill, it is okay to turn around and sit by the lake". Facebook is my hill and instagram will be my lake.

Alors, je vais bientôt supprimer ma page Facebook et me concentrer là où I feel i belong

Facebook est difficile avec les photographes d'accouchement. Souvent bannis, identifiés ou signalés. Je prends toutes les précautions pour être sensible juste assez. Je ne mets aucune photo en plein format et j'ai seulement des montages-photo pour protéger les reproductions. Déjà, c'est un pain int the a**. 

Et puis, il y a les nouvelles façons de stimuler l'engagement pour apparaître dans votre feed la première. I want you to see my work and get to know me as a photographer. This is important to me to start a conversation and listen. Facebook has a point here. We need to gain human interactions and still create meaningful posts. I get that. Facebook has an algorithm that calculates if i actually speak to a real person and if we connect (weird huh?). 

My hill is right there. 

And i will finish by saying that birth photography is different. I'm not sharing a lot of them. Because it's private and i i will respect the intimacy and sacred side of it. Je suis tellement fière des photos d'accouchement, mais elles ne m'appartiennent pas... enfin pas dans l'âme. Alors je suis fière de les remettre aux personnes qui ont vécu ce moment fort de leur vie. Je le fais pour eux, pas pour créer une conversation sur Facebook.

Mon compte instagram est mon endroit de doux. Je mets une photo presqu'à chaque jour. Parfois des photos de clients et clientes, parfois des moments à moi avec ma famille. Parfois des essais de portraits ou des photos sans humains. C'est plus beau que sur Facebook. 

Entre humain, parlez de  moi et de ce que je prends en photo. 

Si vous voulez suivre mon travail, je suis ici: www.instagram.com/marianeparentphoto

Mon site web est facile à retenir: naitrephotographie.com 

 

 

Parfois, il y a beaucoup de questions sur la photographie d'accouchement.

Les conversations sont parfois longues et les questions sont hésitantes. Les fous rires éclatent et le sujet semble surréaliste. Les questions sur la photographie d'accouchement sont sensibles, douces, préoccupantes et toujours pleines d'émotions! Je vous écris ici, quelques unes des plus fréquentes parce que peut-être, vous avez les mêmes en tête.

1. Est-ce que tu prends absolument des photos super graphiques?

C'est souvent la première question! L'accouchement vient directement avec la pudeur qui s'envole dans le corridor.

Mais on se parle avant. On en discute. On trouve comment vous êtes à l'aise avec cet aspect. Parfois c'est cette curiosité de tout voir, parfois c'est une demande que je sois positionnée derrière votre épaule pour être moins en avant-plan! 

2. Comment fais-tu pour arriver à temps?

Je ne sais tellement pas! Il y a la vie, les bébés qui arrivent plus vite, le trafic, le texto envoyé trop tard, ma vie de famille ou professionnelle. La clé, c'est qu'on se tienne au courant de vos dernières journées. Vos rendez-vous de suivi jusqu'à votre feeling ce matin là. Mais soyons réalistes, l'accouchement est imprévisible, c'est possible que je le manque. Je serai alors là pour les premiers moments. 

Plus j'ai d'informations, plus je peux être prête. J'aurai toutes mes choses dans mon auto. Je fais partie de votre team. Arrive alors automatiquement la prochaine question:

3. À quel moment devons-nous t'appeler pour être certains ou certaines que tu ne manques pas l'accouchement?

Lorsque votre travail est actif... ou un peu avant. Votre professionnel qui vous accompagne (médecin, doula, accompagnante, sage-femme) peut vous guider. Vous aussi êtes capables de donner le signal. C'est le corps qui sait la transition. 

4. Comment as-tu décidé de devenir photographe d'accouchement?

J'ai trois enfants et mes accouchements ont tous été très différents. Ces moments ont été un big deal pour moi et je sais que ça l'est pour toutes les femmes. On en parle après, autour d'un café comme si c'était un récit obligé... mais c'est profond et je restais parfois avec l'impression qu'on n'y accordait pas assez de puissance.

Je suis ensuite tombée sur une publication de International Birth photographers et j'ai été happée par les émotions. J'ai tout de suite su que je devais essayer... au moins. Laisser aux femmes, aux hommes et aux enfants ce souvenir incroyable de leur naissance. C'est FOU et étrange à la fois. Mon amour de la photo venait de trouver son objectif (joke de photographes! haha!)

5. Utilises-tu un flash?

Non. Je préfère utiliser la lumière ambiante. Ce défi de photographe, il m'appartient et je me retrouve parfois dans des pénombres difficiles à rendre. J'ai appris que nous devons en parler juste un peu... de la lumière. 

J'apporte avec moi des lumières de lune, pour m'aider. Je vais allumer quelques lumières ou ouvrir les rideaux quand ce sera un moment le moins intrusif pour vous. Mon souci est de préserver au maximum votre grotte de maman. 

6. Tu vas être présente pendant combien de temps?

Aussi longtemps que nécessaire! En photographie d'accouchement, je ne compte pas les heures. Je suis là jusqu'à la fin. J'ai dans mon sac de quoi manger et dormir. Je me gère. 

7. Est-ce que tu publies ensuite sur les réseaux sociaux?

Peut-être un peu, peut-être en gros, peut-être pas du tout. La photographie d'accouchement est différente. C'est votre histoire et j'ai un respect très grand pour celle-ci. Vous me direz le niveau avec lequel vous êtes à l'aise.

Chose certaine, je garde la tite gêne des réseaux sociaux et je ne publie pas de photos graphiques. Je vais choisir celles qui me parlent le plus et qui m'aideront à entrer en contact avec d'autres mamans et papas qui souhaitent des photos. C'est mon moyen de promotion.

Je publie presqu'à chaque jour sur instagram: marianeparentphoto

Ma page Facebook: @Naitrephotographie

Emma and her. Without a doubt.

The story of the fast arrival of this beautiful girl.

Candles, big brothers and love.

When Emma decided to have her birth documented with pictures, she was sure about so much things. The presence of her midwife, the love and support from her husband and the light in the eyes of her two boys that were about to become big brothers. I was honoured to be chosen as her photographer.

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When i arrived at her home, the house was silent and winter was icy. In her room, two candles were lit to give warmth and little light. I saw her being the true warrior that i knew she could be. In her space, in her breath and in her eyes. Trista, her midwife, was confident and calm. Looking down on the mother she helped twice give birth. They knew each other so well and i could feel the connection between them in such trust and support. I sat down and leaned on the bed to witness the transition. 

As it got very intense, Emma said:

"I don't want to do it anymore". And Trista replied something I found very powerful:

"You are doing it". 

Those words stayed with me. She was doing it. Without a doubt. I'm sure she knew that this journey was powerful and her strength was going to be enough.  At the last minute, she felt she needed to go to the bathroom. I knew i had to get in there. The baby was coming. As i pushed the door and cramped myself in a small closet, it did happen. She came out so fast that i hardly had the time to adjust my settings. Trista welcomed her baby and Mom was surprised, in Aww, and in love. She took her birth pause watching her baby girl being held by a the women she trusted, and her husband just by her side. 

Her baby girl was bigger then her two boys at birth. She immediately noticed and couldn't believe she had done it. Exhausted but proud, Emma had her girl and her husband had a different look in his eyes, he couldn't wait to wake up the boys so they could meet their little sister.

So the boys came in. They met her. This precious little baby. H was the one counting all the things she was doing in the first minutes of her life. The number of times she was making noises, opening her eyes, moving her fingers... he kept count. Little G didn't quite understand what had just happened, he was mesmerized by her sister and wanted to cuddle mama. Her husband was holding them and hugging his boys with such love. He asked them to congratulate mom and little H said: "Mommy, i'm so proud of you". This melted my heart and brought tears to my eyes. What an awesome thing to say to her mom.

The first exams were about to begin in the comfort of her own bed and Emma could refill on energy. She was brought wholesome foods, although the boys almost ate it all, i could see she was feeling more and more complete as she saw her family coming together. 

Baby girl was 10 pounds. She was perfect. Emma was surprised and couldn't believe the numbers. I'm sure in he hearth, she felt an immense sense of proud and love for herself. Her strength was there all along. I'm sure it gave her the feeling that she could now do anything and i wanted to tell her that... so here are my words: 

 

Emma, you can do anything. Without a doubt.