Les quatre saisons

L'histoire de naissance d'Adrien. Le mouvement lent qui laisse place à l'intensité.

Anda- web-03455.jpg

Maman A. avec ses hommes, un après-midi d'octobre avec la première neige…

Cette journée-là, j'ai rencontré une âme qui m'impressionnera toujours. Elle est un arbre fort avec des racines à elles. Elles se sont promenées ces racines, jusqu'au bout de la terre, pour rencontrer celui qui partage maintenant son quotidien. De l'Australie à Montréal. Des étoiles jusqu'au sol. Ce chemin parcouru la rend tellement solide que peu de mots suffisent pour la comprendre. Inébranlable et douce comme la laine de son foulard rouge. Papa H. n'a qu'à froncer son sourcil pour la faire craquer. Facile comme ça; tout simple et beau. 

Ils voulaient des photos. Elle y tenait fort à ce projet et ses mots me transperçaient de fierté sachant toute l'importance accordée à mon travail. J'avais un feeling important et je me répétais que cette séance allait être une des plus belles. Ça m'a fait beaucoup réfléchir les jours avant la naissance d'Adrien que, celle à qui on accorde de l'importance, ne fait que se remplir le coeur. J'y suis donc allée avec tout mon coeur cette journée-là. 

Anda- web-03965.jpg

Notons que cette journée-là s'est fait attendre longtemps. Les heures passaient et Maman n'avait aucun signe de travail. Je sentais son découragement jusque chez moi. Elle souhaitait que ça arrive naturellement et une date d'hôpital commençait à se pointer à l'horizon. Le genre de scénario qui devait lui faire froncer les deux sourcils. Ma première joke d'accouchement arrive quand je lui lance "hang in there". Et elle de me répondre "non, je dirais plus que je dois lâcher prise!". Merci Maman A. de ne pas avoir pris ça au sérieux. 


I'm glad she gets me. 

La date est maintenant loin derrière nous. Nous sommes un samedi midi et je suis à l'aréna pour une compétition de patin à ma filleule. Je reçois son premier texto qui me dit qu'elle a enfin des contractions. Je suis si  heureuse pour elle! Mon coeur est là et mes yeux aussi, prêts à aller la rejoindre. Mais des fois le coeur se cogne à la réalité! Je suis loin sur la rive-sud et je devais me rendre à Trois-Rivières cet après-midi là. J'ai mes deux garçons avec moi et mon mari est déjà sur la route. Mon cerveau tourne vite pour trouver une solution. J'ai des papillons dans le ventre quand je demande à mon mari de rebrousser chemin  (il était rendu à Louiseville) pour venir chercher mes garçons que je vais déposer chez mon amie à Repentigny. Un tour de force. Un plan de "Gaetan". Une idée choisie dans un tourbillon de stress. J'ai le feeling que ça ira vite. 

Je rencontre Jannick qui confirme mon feeling. "Je sens que ce sera rapide". Ils arrivent enfin et je retrouve l'arbre et ses racines. Elle est centrée et prête. Elle est magnifique et lui aussi. Rien ne semble les troubler. Facile comme ça, tout simple et beau. Son travail dans le bain est lumineux et son amoureux est présent pour tout. 

Le mouvement lent d'Adrien a laissé place à une intensité incroyable. Rapidement et sûrement, il a fait son arrivée à la tombée de la nuit. Une douce neige tombait sur Montréal. De l'Australie à Montréal, Papa a alors senti toute l'émotion de l'arbre qui grandissait. 

Adrien-web-02606.jpg

Adrien est né sur les Quatre saisons de Vivaldi.

Et moi je chantonnais les Cranberries.

“Et il n'y a pas que le résultat final des photos qui m'a touché dans le travail avec toi. Je pense être très sensible à ce qu'une personne dégage, surtout quand je suis enceinte et en train d'accoucher(!), et ton énergie que tu portes a une qualité si rassurante, ta présence en devient apaisante et pleine de complicité, de compassion. Je n'avais pas l'impression d'avoir invité une photographe à la naissance de mon bébé, mais bien une amie. Je suis certaine que cette sensibilité chez toi contribue grandement à la beauté des moments que tu captes en photo” - Maman A.

Merci avec le coeur rempli. Ce doit être parce que j'alloue une importance forte aux arbres que ces mots sont parvenus jusqu'à moi. Même si les saisons passent, je penserai souvent à toi.